Classé dans : Choc des cultures, Vie quotidienne | Tags: vivre aux USA, communautés

J’habite dans une «pedestrian-friendly community» : une communauté favorable aux piétons. Ces mots suffisent à expliquer l’un des plus grands fossé culturel entre Français et Américains. Dites à un Français que vous vivez dans une «communauté», il vous regarde avec des yeux ronds en pensant que vous êtes un adepte d’une sorte de secte recluse dans une région perdue de l’Utah. Dites-lui que votre communauté est «piétonne», et il pense que vous êtes sous l’influence d’un gourou prêchant de durs exercices physiques pour sauver votre âme. Mais nul ne comprendrait que vous vivez tout simplement dans un quartier qui entretient de large trottoirs pour permettre aux gens de marcher à l’abris des voitures.
Au nom de la «diversité sociale», le français a banni le mot «communauté» du vocabulaire politiquement correct en raison de sa référence au regroupement racial et aux ghettos. Les communautés sont plutôt appelées des quartiers - une façon de souligner la proximité géographique plutôt que la proximité sociale - même si tout le monde est conscient de ce que cela signifie, socialement, de vivre à Paris dans le 7ème arrondissement plutôt que dans le 20e.
Mais le plus surprenant pour les Français est sans doute la notion de “convivialité pour piétons”. Il faut vraiment vivre dans une ville comme Pittsburgh, qui donne rarement à ses habitants une chance de survivre plus de 15 minutes dans la rue en dehors de leur voiture, pour bien comprendre le concept. En effet, les trottoirs sont ici un luxe réservé à quelques quartiers. Mais ce qui est plus surprenant, c’est que même les heureux élus vivant dans des zones équipées de trottoir y ont rarement recours pour se promener. En quittant Paris pour ma communauté piétonne de Pittsburgh, ma première impression fut d’entrer dans un film de Spielberg où les enfants feraient du vélo sur les trottoirs tout en jetant les journaux dans les jardins. Mais après deux ans, tout ce que j’ai pu voir étaient quelques joggeurs munis d’un iPod ainsi que des promeneurs de chiens. N’ayant ni chien, ni inclinaison pour le jogging, je me retrouve souvent un peu gêné à me ballader dans le quartier en jeans et sans animal de compagnie!
Dernièrement, alors que je me rendais à pieds chez le coiffeur, un de mes voisins me croisant en voiture s’est arrêté à ma hauteur pour me “féliciter du courage de ne pas utiliser ma voiture pour aller faire des courses”. Il pense probablement que je suis un activiste écologique, adepte d’une sorte de gourou prônant le renoncement à la vie moderne ![]()
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J’adore ton article! Je me fais la même réflexion ici concernant les trottoirs et la communauté, nous sommes vraiment sur une autre planète pour nos compatriotes qui vivent sur le sol français!
Commentaire par mimi avril 24, 2008 @ 12:03