Inside America – Fr


Doggy Bag
mai 29, 2008, 10:58
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J’en ai déjà souvent parlé et c’est bien connu : ce que nous mangeons et la façon dont nous le préparons est l’une des plus évidentes différence culturelle entre Français et Américains (et oubliez les clichés: je n’ai pas dit que la différence était forcément toujours en faveur de la cuisine française !). Toutefois, il est une tradition américaine bizarre sur ce sujet dont je n’ai pas encore parlé: le doggy bag.

Cela semble une tradition dans ce pays que d’emporter chez soi la nourriture que l’on n’a pas terminé de manger au restaurant. Vous avez acheté la nourriture: la nourriture est à vous! Non seulement cela est bien accepté, mais dans certains endroits, il peut être embarrassant pour le chef que vous ne demandiez pas vos restes, laissant penser que vous n’êtes pas satisfait de votre repas. Surtout, il faut être stupide pour ne pas profiter pleinement du prix que vous avez payé !

Je sais tout cela depuis mon premier jour à Pittsburgh, mais malgré tout, je n’ai jamais pu demander mon doggy bag au restaurant. Les mots ne sortent pas. De l’autre côté de l’Atlantique, demander les restes est considéré comme un manque de savoir-vivre certain, même dans les plus infâme boui-boui. Au restaurant, vous n’achetez pas de la nourriture, mais une “expérience” et – même si elle s’avère excellente – une “expérience” ne s’emporte pas avec soi. La nourriture vous appartient peut-être, mais “l’expérience” reste l’actif le plus précieux restaurant! Et dans les endroits où ce ne serait pas pas un problème de demander son doggy bag, vous n’avez la plupart du temps pas envie de ramener un repas juteux et malodorant dans votre voiture !

Allant dîner au restaurant cette semaine, alors que je confiais à un ami ma stupide incapacité physique à demander mes restes, il a évidemment sauté sur l’occasion pour me taquiner et se faire mon porte-parole auprès du serveur pour demander mes restes. Eh bien croyez-le ou pas, je me suis inexplicablement senti encore plus gêné pour lui !

Après tout ce temps aux États-Unis, ma conclusion est que – en plus de la persistance d’un terrible accent français – les habitudes alimentaires sont l’une des dernière traces génétiquement cryptée de l’origine française d’un individu. Scary isn’t it?



Crise pétrolière
mai 23, 2008, 3:17
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Un ami français me demandait dernièrement si les Américains n’en faisait pas un peu trop à pleurer le prix de l’essence à 4$ par gallon (0,70 € par litre), alors qu’il reste tout de même à peu près moitié moins cher qu’en France et en Europe (principalement en raison du très haut niveau de taxe sur le l’essence). Eh bien, j’ai fait quelques recherches et voici un indice: 

À ma droite, la voiture la plus vendue en Amérique est le Ford F-150. Une “voiture” (pas sûr que ce “truck” se situe dans cette catégorie) long de 5,35 mètres et alimentée par un moteur de 4,2 litres V6 pour le plus petit modèle. La consommation moyenne d’un Ford F-Series est de 16,8 l/100. 588.952 véhicules ont été vendus en 2007.

A ma gauche, la voiture la plus vendue en Europe est la Peugeot 207. Une voiture (en tout cas elle a 4 roues) longue de 4 mètres, alimentée par un moteur de 1,4 litre et affichant une consommation moyenne de de 6.3l/100. 437.505 unités ont été vendues en 2007.

Pas de doute que le remplissage du réservoir de 144 litres d’un F-150 ferait mal au portefeuille de la plupart des Français également !

La question suivante est: qu’est-ce que les conducteurs américains peuvent bien avoir besoin de transporter dans un Ford F-150 et que les Européens n’ont pas?



Question de priorités
mai 15, 2008, 12:29
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Wal-Mart et la coalition des Maires Contre les Armes Illégales ont annoncé le mois dernier que la chaîne de supermarchés Wal-Mart, premier vendeur d’armes des Etats-Unis, allait adopter le nouveau code de “Distribution Responsable des Armes à Feux” proposé par l’association des maires afin d’éviter autant que possible que des armes ne parviennent entre de mauvaises mains. La nouvelle fait hurler Kevin Miller ce midi. L’animateur vedette de ma radio de propagande républicaine favorite – KDKA Newsradio Pittsburgh – s’élève vertement contre l’intention de Wal-Mart de filmer et ficher désormais tout acheteur d’arme à feu dans ses magasins. Ce serait selon lui une entorse sévère au Second Amendement et aux libertés individuelles fondatrice de ce pays.

Selon la National Rifle Association for Legislative Action, 30364 civils Américains sont morts victimes d’armes à feu en 2005.

Les multiples lois de lutte contre le terrorisme mises en place par l’Administration Bush autorisent, entre autres, la mise en place de fichiers biométriques sur tout individu à son entrée sur le sol Américain, l’enregistrement sans motif de conversations téléphoniques privées par les services secret, et plus récemment, l’utilisation de drogues et de pratiques généralement considérées comme actes de torture pour l’interrogatoire d’individus soupçonnés de terrorisme. Mais au nom de la Sécurité publique, ces entorses à la Constitution et aux libertés individuelles ont été plutôt favorablement accueillies.

Selon le Departement d’Etat, le terrorisme a fait 19 morts civils Américains en 2007 (2 en Afghanistan et 17 en Irak).

Pour rendre l’Amérique plus sûre, tous les candidats aux élections de Novembre ont un programme de lutte contre le terrorisme. Aucun n’entend s’attaquer au Second Amendement de la Constitution de 1787 sur “la nécessité de milices armées bien régulées” pour “préserver la liberté d’un Etat libre” (et menacé par l’armée britannique à cette époque).

Les temps changent! Pas les priorités ?



Relativité
mai 7, 2008, 1:12
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L’Amérique est-elle en récession ou pas ? La question anime les spécialistes depuis des mois, avec toujours la même conclusion unanime : “on ne pourra l’affirmer que quand elle sera passée”. Alors à défaut d’avis d’expert, on interroge la rue. Mais là aussi, la conclusion des micro-trottoirs est toujours la même : “Madame Baxter est sûre d’une chose : il est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois !”. Cela fait 40 ans que Madame Baxter trouve qu’elle ne gagne pas assez bien sa vie. Mais aujourd’hui, le pétrole augmente plus que d’habitude, et il paraît qu’on spécule sur le prix du maïs. Alors c’est sûr, aujourd’hui, Madame Baxter doit être victime de la récession.

Je ne sais pas si l’Amérique entre en récession, mais les Américains entrent en dépression nerveuse. Sondé semaine après semaine sur la hausse du prix de l’essence et la baisse de son pouvoir d’achat, le consommateur américain a fini par craquer comme s’il souhaitait en finir avec cet interrogatoire musclé : “oui j’avoue ! l’essence est plus chère et je vais devoir ralentir sur les doughnuts !”. Il l’a dit ! Ouf ! Vous voyez bien qu’on est en récession alors !

C’est bien ma veine. J’avais quitté la France “en crise” à 1,20 euro le litre de super, et me voilà pris dans la “récession” à 0,67 euro le litre à la pompe américaine. Pas de bol. C’est quoi le prix de l’essence à Pékin ?



Idée reçue
mai 2, 2008, 1:40
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Voilà une étude que l’on se gardera sans doute de médiatiser en France : le secteur médical privé est deux fois plus important en France qu’aux USA ! J’ai dû relire cette information à plusieurs reprises pour le croire mais les chiffres sont impitoyables : le privé représente 21% de la capacité hospitalière française contre seulement 12% aux États-Unis. Pour autant, le système américain continue de laisser de côté des millions de personnes tandis que la France se maintient en tête des nations les mieux soignées selon les critères de l’OMS.

Faut-il en conclure que le privé fait mieux que le public en matière de santé ? Certainement pas. Mais cela devrait nous faire réfléchir sur la réalité des stéréotypes qui nous présentent l’Amérique comme une sorte de jungle ultra-libérale où il fait bon laisser les blessés au bord de la route. S’il faut craindre le système américain, ce n’est pas parce que l’accès des salles d’urgences y est majoritairement réservé aux porteurs de cartes bancaires. Le scandale américain est celui des assurances et des lobbies de l’industrie pharmaceutique qui font payer à prix d’or les prescriptions… du système public !

Les démocrates – Clinton et Obama réunis – entendent bien le faire entendre lors des prochaines élections présidentielles. Hillary Clinton parle même de couverture médicale universelle. Une CMU à l’américaine en sorte. Aurait-elle passé trop de temps en Corèze avec Bernadette Chirac ?