Classé dans : Vie quotidienne | Tags: Conciergerie, Esprit parisien, Etats-Unis, La Défense, Louvre, Paris, Pittsburgh, Tour Eiffel, Tuileries
Je ne pouvais pas trouver meilleure image que celle-ci - la Statue de la Liberté en construction dans l’atelier de Bartholdi, rue de Chazelle à Paris en 1885 - pour exprimer à la fois à quel point Paris me manque et ma joie d’être de retour aux États-Unis. Un sentiment mêlé de bonheur et de nostalgie. C’est comme avoir deux maisons distantes de 6000 kilomètres, où l’on se sente aussi bien dans l’une que dans l’autre. Quelle chance! … et quelle torture!
Ces 10 derniers jours passés dans ma ville d’origine étaient délicieux. Je voyageais pour le boulot et j’ai eu peu de temps pour profiter de la ville, mais la simple odeur de l’air chaud expulsé par la ventilation du métro parisien était suffisante à me faire sourire. Je n’ai pas été à Paris au cours des 18 derniers mois. Mais à part quelques nouveaux gratte-ciel à La Défense et un lot de nouvelles pistes cyclables un peu partout, la ville est à peu près la même. “L’esprit parisien” ne m’a pas paru changé. Le même conducteur en colère que j’avais laissé derrière moi il ya 18 mois était toujours là pour m’accueillir avec le même juron. Il est toujours aussi difficile d’obtenir un taxi et une fois qu’on en a un, le conducteur se plaint toujours qu’il n’a pas assez de clients pour faire sa journée. Amis et collègues n’ont pas beaucoup changé non plus. Accablés par le travail, se plaignant de l’état de l’économie et d’une vie stressante, tout en planifiant leur prochain “RTT” et leurs trois semaines de vacances d’été. Mais alors que nous allions diner au Saut du Loup - une terrasse au milieu du Jardin des Tuileries avec une magnifique vue sur le Louvre et la Tour Eiffel - je pouvais sentir leur incompréhension. Leurs bouches parlant de vie difficile, pendant que leurs yeux m’interrogeaient: “comment peut-on vouloir quitter tout cela pour l’Amérique ?”.
J’aime Paris pour cela. Quelle que soit la difficulté de vivre, la ville vous gonfle le moral par sa beauté et ses habitants. Un coup d’œil à la Conciergerie (une ancienne prison où des centaines de prisonniers ont été guillotinés pendant la Révolution) rend risible vos pires problèmes. Et le juron du conducteur en colère vous donne l’énergie nécessaire pour aller de l’avant. On dirait qu’insultes et jurons sont une manière pour les Parisiens de vous dire “je suis comme toi: je travaille dur et de la vie n’est pas aussi facile que je m’y m’attendais, mais je suis ici, et je compte dans ton monde comme tu comptes dans le mien.” Oui. Je pense que les gros mots parisiens sont souvent des mots de compassion. Il faut apprécier la modulation tonale pour faire la différence entre la colère et la compassion, c’est tout !
De retour à Pittsburgh, je sais que je ces moments magiques et l’atmosphère parisienne vont me manquer. Mais je vais me délecter d’une ville sans conducteurs en colère, où ce que l’on se dit est généralement ce qu’on pense vraiment, où les enfants sont servis en premier au restaurant, et où on peut demander un doggy bag sans être jugé radin ! Sans aucun doute, Pittsburgh est un bon endroit pour élever une famille!
2 commentaires jusqu'à présent
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Que la vieille dame est belle aux couleurs de l’Europe! Merci pour ces photos!! :)))
Commentaire par mimi juillet 3, 2008 @ 5:53une journée au musée des arts déco avec un stop à midi au “saut du loup” c’est le bonheur même si les voyages à l’étranger forment la jeunesse
Commentaire par Prosper juillet 9, 2008 @ 2:50Jean, tu as beaucoup de goût
amitiés