Inside America – Fr


Un regard sur les perdants

J’admire la capacité unique qu’ont les américains à se retrouver pour toujours aller de l’avant, quelles que soient les circonstances. Et le discours de défaite prononcé par John McCain hier soir en est une nouvelle illustration exemplaire. Après un an d’une campagne le plus souvent négative, j’ai été soufflé d’entendre le candidat défait exhorter très sincèrement ses électeurs à soutenir leur nouveau président élu, jusqu’alors qualifié de “socialiste” (i.e. communiste révolutionnaire aux USA), “anti-américain” et “lié à des terroristes”. Abracadabra! Oubliez tout cela. C’était pour rire. On arrête de jouer et on va de l’avant! Sérieux les gars: on a un pays à remettre sur les rails!

Par contraste, en France, il est inimaginable qu’un homme politique ne réclame pas vengeance immédiate, à la minute où il se rend compte qu’il a perdu une élection. «La lutte continue!”, “je reviendrai!” et “restez branché sur la radio du parti” sont les messages sous-jacents de tout discours de défaite dans mon pays (notez au passage ma difficulté à traduire “concession speech” en français ! Symptomatique. Une défaite politique ne se “concède” jamais !)

Au final, on imagine sans peine lequel des présidents français ou américain obtient le plus souvent de larges consensus pour faire avancer le pays. “Status quo” est le mot français pour “compromis” et “consensus” en politique.

J’espère qu’un jour des politiciens français pourront eux aussi aussi penser “au pays d’abord”… (sans que celà ne cache de pensée extrémiste, j’entends). Malheureusement, la rhétorique de défaite couramment admise en France ne facilite pas les choses. Il suffit de jeter un oeil à la vidéo ci-dessous: il faut vraiment bien regarder la date pour se convaincre que Ségolène Royal n’est pas en train de faire un discours de victoire !