Inside America – Fr


L’Amérique à l’heure de la grande vitesse
avril 17, 2009, 12:19
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Je vis à Pittsburgh depuis 3 ans maintenant, en me demandant pourquoi l’Amérique préfère toujours les long, douloureux et imprévisibles voyages aériens aux trains à grande vitesse pour les moyennes distances. La France a construit un réseau à grande vitesse depuis des décennies, et je ne m’habitue pas aux tracas (restons polis) du transport aérien américain pour me rendre dans des villes aussi proches que Philadelphie ou Boston. Bien que les deux villes ne soient distantes “que” de 900 kilomètres, il faut presque 4 heures d’avion pour aller de Pittsburgh à Boston … via Detroit. Contre toute logique géographique (ça double la distance), passer par Detroit semble normal à la plupart de mes compagnons de voyage, tout comme ils trouvent acceptable de passer la moitié de leur temps à attendre leur correspondance dans les “hubs” – ces passages obligés de toute companie aérienne. Et je ne parle pas du risque de mauvaises conditions météorologiques (très fréquentes par ici), des deux pauvres biscuits secs offerts en guise de déjeuner, ni de la personne “en surpoids” qui déborde sur votre siège tout en fixant la moitié de biscuit que vous avez mis de côté pour le dîner. Un long voyage en effet.

Je comprends que le seul secteur privé ne peut pas supporter le coût d’un réseau à grande vitesse et un retour sur investissement aussi long. Et ceux qui le pourraient doivent probablement en être découragé par les lobbyistes de Boeing. Mais quand on considère le total des heures de travail perdues chaque jour en raison des insuffisances du transport aérien, la perte de productivité pour l’ensemble du pays est énorme ! Malgré cela et un taux écrasant de 40% de passagers insatisfaits des compagnies aériennes, l’Amérique n’a pas investit dans de nouvelles infrastructures de transport terrestre depuis des décennies.

Les choses pourraient changer dans un proche avenir, avec l’ambitieux plan de trains à grande vitesse que Barack Obama a dévoilé aujourd’hui. Ce pourrait aussi être une belle opportunité pour exporter un peu de technologie française de ce côté de l’Atlantique. Mais pour réussir, les trains à grande vitesse devront d’abord convaincre l’opinion publique américaine que les trains peuvent se déplacer beaucoup plus rapidement que les “Acela”: la ligne grande vitesse existante entre Boston et Washington (plus de 6 heures pour 700 km). Quant aux chances de la technologie française en Amérique, je crains que cela ne coûte énormément d’efforts pour convaincre l’opinion publique américaine que France rime aussi avec Technologie … Bien que le TGV soit le train le plus rapide du monde d’aujourd’hui, la “Technologie de classe mondiale” (en dehors des États-Unis, bien sûr) est une marque déposée par l’Allemagne et le Japon ! Et les gouverneurs qui débloqueront les budgets de ces nouvelles lignes sont ici extrêmement sensibles à leurs électeurs.



Thé ou café ?

Sauf erreur, seul De Gaulle avait réussi en France à envoyer la droite dans la rue pour le soutenir. Je n’étais pas encore né. Les conservateurs ont repris le travail depuis lors, laissant la rue aux “forces de progrès”…

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France, 28 janvier 2009

C’est dire s’il est insolite pour français de voir une manifestation “de droite” comme les “Tea Party” (en référence à la taxe sur le thé à l’origine de la révolution américaine) qui ont eu lieu aujourd’hui un peu partout aux Etats-Unis. Ces manifestations avaient pour objectif de protester contre la politique de relance par les déficits et surtout, contre la perspective de nouvelles taxes. Elles n’ont réuni que peu de monde, mais cela valait bien quelques clichés. Des conservateurs dans la rue. C’est pas si souvent !

teaparty1USA, 15 avril 2009 – “Déjà Assez de Taxes!”, “Le congrès soumet nos enfants à l’esclavage avec la dette !”, “Contre la tyranie, pour la liberté”

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“L’Etat doit rester en dehors de nos banques, de nos entreprises, et de nos chambres à coucher !”



Un voisin embarrassant

Nous célébrons cette année notre troisième Noël à Pittsburgh. L’expérience de ces dernières années aidant, intérieur ET extérieur de la maison sont maintenant super bien décorés et je ne vois rien à ajouter ou à retirer. Même les enfants trouvent que c’est chouette et ne sont plus aussi embarrassés par notre “conception minimaliste” de la déco de Noël (relativement à la norme américaine) comme ils l’étaient l’an dernier. Bien sûr, nous restons un cran derrière nos voisins et leur impressionnant dispositif d’éclairage extérieur, mais notre guirlande électrique sur le patio est “ok”. En tout cas elle suffit à apporter un peu d’esprit de Noël à la maison, tout en respectant plus ou moins les standards d’illumination du quartier.

Ceci dit, à voir quelques-uns des somptueux décors de Noël aux alentours, je réalise que notre quartier est très en dessous des normes en ce qui concerne la décoration extérieure. Le Post-Gazette rapporte aujourd’hui l’histoire de Robert Cox à Baldwin – proche de Pittsburgh -  ayant placé 75.000 ampoules clignotantes dans son jardin en plus de 68 candy canes géantes et d’une crêche de 13 personnages gonflables pour obtenir un “wow whee!” de sa fille. Le tout est sonorisé pour offrir un vrai spectacle chaque soir à tout le quartier.

Voyez le résultat et vous comprendrez pourquoi, vraiment, j’adore MES voisins !



Autant pour Bambi…

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La chasse au chevreuil s’est ouverte aujourd’hui en Pennsylvanie. Entre 850.000 et 900.000 hommes, femmes et enfants âgés de 12 ans et plus étaient attendus pour participer à cette première journée des deux semaines que dure la saison. C’est à peu près 7% de la population de l’État. Pas un bon jour pour les 93% restants pour prendre un bol d’air à l’extérieur sans risquer leur peau …

Environ 350.000 chevreuils devraient être pris par les chasseurs. Je comprends enfin à quoi servent tous ces “trucks” !



Un regard sur les perdants

J’admire la capacité unique qu’ont les américains à se retrouver pour toujours aller de l’avant, quelles que soient les circonstances. Et le discours de défaite prononcé par John McCain hier soir en est une nouvelle illustration exemplaire. Après un an d’une campagne le plus souvent négative, j’ai été soufflé d’entendre le candidat défait exhorter très sincèrement ses électeurs à soutenir leur nouveau président élu, jusqu’alors qualifié de “socialiste” (i.e. communiste révolutionnaire aux USA), “anti-américain” et “lié à des terroristes”. Abracadabra! Oubliez tout cela. C’était pour rire. On arrête de jouer et on va de l’avant! Sérieux les gars: on a un pays à remettre sur les rails!

Par contraste, en France, il est inimaginable qu’un homme politique ne réclame pas vengeance immédiate, à la minute où il se rend compte qu’il a perdu une élection. «La lutte continue!”, “je reviendrai!” et “restez branché sur la radio du parti” sont les messages sous-jacents de tout discours de défaite dans mon pays (notez au passage ma difficulté à traduire “concession speech” en français ! Symptomatique. Une défaite politique ne se “concède” jamais !)

Au final, on imagine sans peine lequel des présidents français ou américain obtient le plus souvent de larges consensus pour faire avancer le pays. “Status quo” est le mot français pour “compromis” et “consensus” en politique.

J’espère qu’un jour des politiciens français pourront eux aussi aussi penser “au pays d’abord”… (sans que celà ne cache de pensée extrémiste, j’entends). Malheureusement, la rhétorique de défaite couramment admise en France ne facilite pas les choses. Il suffit de jeter un oeil à la vidéo ci-dessous: il faut vraiment bien regarder la date pour se convaincre que Ségolène Royal n’est pas en train de faire un discours de victoire !



14 Juillet
juillet 14, 2008, 8:38
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Je me souviens avoir choqué certains amis français en publiant une photo de ma fille sous un drapeau américain le jour de Memorial Day sur mon blog et en expliquant combien elle était fière de prêter allégeance au drapeau à l’école chaque matin (enfin, en tout cas elle est fière de réciter les mots!). «Elle subit un lavage de cerveau» pensait-on. Agiter le drapeau n’est pas très français. En général, nous laissons ça aux athlètes, aux supporters de foot et, bien sûr, aux militaires. En dehors de cela, seuls les fascistes, les racistes et les hommes politiques – toutes des personnes à qui vous ne voulez ressembler à aucun prix – se permettent outrageusement de se montrer avec un drapeau.

Eh bien, j’étais heureux de regarder mes enfants faire voler un drapeau français aujourd’hui sans être considéré comme un tel extrémiste, alors que nous célébrions “Bastille Day” – la fête nationale française en Amérique!

Mais ne nous y trompons pas: quel que soit le drapeau, les enfants aiment avant tout le voir voler. Et c’est toute la beauté d’être un enfant !



Doggy Bag
mai 29, 2008, 10:58
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J’en ai déjà souvent parlé et c’est bien connu : ce que nous mangeons et la façon dont nous le préparons est l’une des plus évidentes différence culturelle entre Français et Américains (et oubliez les clichés: je n’ai pas dit que la différence était forcément toujours en faveur de la cuisine française !). Toutefois, il est une tradition américaine bizarre sur ce sujet dont je n’ai pas encore parlé: le doggy bag.

Cela semble une tradition dans ce pays que d’emporter chez soi la nourriture que l’on n’a pas terminé de manger au restaurant. Vous avez acheté la nourriture: la nourriture est à vous! Non seulement cela est bien accepté, mais dans certains endroits, il peut être embarrassant pour le chef que vous ne demandiez pas vos restes, laissant penser que vous n’êtes pas satisfait de votre repas. Surtout, il faut être stupide pour ne pas profiter pleinement du prix que vous avez payé !

Je sais tout cela depuis mon premier jour à Pittsburgh, mais malgré tout, je n’ai jamais pu demander mon doggy bag au restaurant. Les mots ne sortent pas. De l’autre côté de l’Atlantique, demander les restes est considéré comme un manque de savoir-vivre certain, même dans les plus infâme boui-boui. Au restaurant, vous n’achetez pas de la nourriture, mais une “expérience” et – même si elle s’avère excellente – une “expérience” ne s’emporte pas avec soi. La nourriture vous appartient peut-être, mais “l’expérience” reste l’actif le plus précieux restaurant! Et dans les endroits où ce ne serait pas pas un problème de demander son doggy bag, vous n’avez la plupart du temps pas envie de ramener un repas juteux et malodorant dans votre voiture !

Allant dîner au restaurant cette semaine, alors que je confiais à un ami ma stupide incapacité physique à demander mes restes, il a évidemment sauté sur l’occasion pour me taquiner et se faire mon porte-parole auprès du serveur pour demander mes restes. Eh bien croyez-le ou pas, je me suis inexplicablement senti encore plus gêné pour lui !

Après tout ce temps aux États-Unis, ma conclusion est que – en plus de la persistance d’un terrible accent français – les habitudes alimentaires sont l’une des dernière traces génétiquement cryptée de l’origine française d’un individu. Scary isn’t it?



Crise pétrolière
mai 23, 2008, 3:17
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Un ami français me demandait dernièrement si les Américains n’en faisait pas un peu trop à pleurer le prix de l’essence à 4$ par gallon (0,70 € par litre), alors qu’il reste tout de même à peu près moitié moins cher qu’en France et en Europe (principalement en raison du très haut niveau de taxe sur le l’essence). Eh bien, j’ai fait quelques recherches et voici un indice: 

À ma droite, la voiture la plus vendue en Amérique est le Ford F-150. Une “voiture” (pas sûr que ce “truck” se situe dans cette catégorie) long de 5,35 mètres et alimentée par un moteur de 4,2 litres V6 pour le plus petit modèle. La consommation moyenne d’un Ford F-Series est de 16,8 l/100. 588.952 véhicules ont été vendus en 2007.

A ma gauche, la voiture la plus vendue en Europe est la Peugeot 207. Une voiture (en tout cas elle a 4 roues) longue de 4 mètres, alimentée par un moteur de 1,4 litre et affichant une consommation moyenne de de 6.3l/100. 437.505 unités ont été vendues en 2007.

Pas de doute que le remplissage du réservoir de 144 litres d’un F-150 ferait mal au portefeuille de la plupart des Français également !

La question suivante est: qu’est-ce que les conducteurs américains peuvent bien avoir besoin de transporter dans un Ford F-150 et que les Européens n’ont pas?



Question de priorités
mai 15, 2008, 12:29
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Wal-Mart et la coalition des Maires Contre les Armes Illégales ont annoncé le mois dernier que la chaîne de supermarchés Wal-Mart, premier vendeur d’armes des Etats-Unis, allait adopter le nouveau code de “Distribution Responsable des Armes à Feux” proposé par l’association des maires afin d’éviter autant que possible que des armes ne parviennent entre de mauvaises mains. La nouvelle fait hurler Kevin Miller ce midi. L’animateur vedette de ma radio de propagande républicaine favorite – KDKA Newsradio Pittsburgh – s’élève vertement contre l’intention de Wal-Mart de filmer et ficher désormais tout acheteur d’arme à feu dans ses magasins. Ce serait selon lui une entorse sévère au Second Amendement et aux libertés individuelles fondatrice de ce pays.

Selon la National Rifle Association for Legislative Action, 30364 civils Américains sont morts victimes d’armes à feu en 2005.

Les multiples lois de lutte contre le terrorisme mises en place par l’Administration Bush autorisent, entre autres, la mise en place de fichiers biométriques sur tout individu à son entrée sur le sol Américain, l’enregistrement sans motif de conversations téléphoniques privées par les services secret, et plus récemment, l’utilisation de drogues et de pratiques généralement considérées comme actes de torture pour l’interrogatoire d’individus soupçonnés de terrorisme. Mais au nom de la Sécurité publique, ces entorses à la Constitution et aux libertés individuelles ont été plutôt favorablement accueillies.

Selon le Departement d’Etat, le terrorisme a fait 19 morts civils Américains en 2007 (2 en Afghanistan et 17 en Irak).

Pour rendre l’Amérique plus sûre, tous les candidats aux élections de Novembre ont un programme de lutte contre le terrorisme. Aucun n’entend s’attaquer au Second Amendement de la Constitution de 1787 sur “la nécessité de milices armées bien régulées” pour “préserver la liberté d’un Etat libre” (et menacé par l’armée britannique à cette époque).

Les temps changent! Pas les priorités ?



Une communauté piétonne
avril 21, 2008, 1:04
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J’habite dans une «pedestrian-friendly community» : une communauté favorable aux piétons. Ces mots suffisent à expliquer l’un des plus grands fossé culturel entre Français et Américains. Dites à un Français que vous vivez dans une «communauté», il vous regarde avec des yeux ronds en pensant que vous êtes un adepte d’une sorte de secte recluse dans une région perdue de l’Utah. Dites-lui que votre communauté est «piétonne», et il pense que vous êtes sous l’influence d’un gourou prêchant de durs exercices physiques pour sauver votre âme. Mais nul ne comprendrait que vous vivez tout simplement dans un quartier qui entretient de large trottoirs pour permettre aux gens de marcher à l’abris des voitures.

Au nom de la «diversité sociale», le français a banni le mot «communauté» du vocabulaire politiquement correct en raison de sa référence au regroupement racial et aux ghettos. Les communautés sont plutôt appelées des quartiers – une façon de souligner la proximité géographique plutôt que la proximité sociale – même si tout le monde est conscient de ce que cela signifie, socialement, de vivre à Paris dans le 7ème arrondissement plutôt que dans le 20e.

Mais le plus surprenant pour les Français est sans doute la notion de “convivialité pour piétons”. Il faut vraiment vivre dans une ville comme Pittsburgh, qui donne rarement à ses habitants une chance de survivre plus de 15 minutes dans la rue en dehors de leur voiture, pour bien comprendre le concept. En effet, les trottoirs sont ici un luxe réservé à quelques quartiers. Mais ce qui est plus surprenant, c’est que même les heureux élus vivant dans des zones équipées de trottoir y ont rarement recours pour se promener. En quittant Paris pour ma communauté piétonne de Pittsburgh, ma première impression fut d’entrer dans un film de Spielberg où les enfants feraient du vélo sur les trottoirs tout en jetant les journaux dans les jardins. Mais après deux ans, tout ce que j’ai pu voir étaient quelques joggeurs munis d’un iPod ainsi que des promeneurs de chiens. N’ayant ni chien, ni inclinaison pour le jogging, je me retrouve souvent un peu gêné à me ballader dans le quartier en jeans et sans animal de compagnie!

Dernièrement, alors que je me rendais à pieds chez le coiffeur, un de mes voisins me croisant en voiture s’est arrêté à ma hauteur pour me “féliciter du courage de ne pas utiliser ma voiture pour aller faire des courses”. Il pense probablement que je suis un activiste écologique, adepte d’une sorte de gourou prônant le renoncement à la vie moderne ;-)