Classé dans : Choc des cultures, France 0 - USA 1 | Mots-clefs: elections americaines 2008, elections france 2006, McCain, Ségolène Royal
J’admire la capacité unique qu’ont les américains à se retrouver pour toujours aller de l’avant, quelles que soient les circonstances. Et le discours de défaite prononcé par John McCain hier soir en est une nouvelle illustration exemplaire. Après un an d’une campagne le plus souvent négative, j’ai été soufflé d’entendre le candidat défait exhorter très sincèrement ses électeurs à soutenir leur nouveau président élu, jusqu’alors qualifié de “socialiste” (i.e. communiste révolutionnaire aux USA), “anti-américain” et “lié à des terroristes”. Abracadabra! Oubliez tout cela. C’était pour rire. On arrête de jouer et on va de l’avant! Sérieux les gars: on a un pays à remettre sur les rails!
Par contraste, en France, il est inimaginable qu’un homme politique ne réclame pas vengeance immédiate, à la minute où il se rend compte qu’il a perdu une élection. «La lutte continue!”, “je reviendrai!” et “restez branché sur la radio du parti” sont les messages sous-jacents de tout discours de défaite dans mon pays (notez au passage ma difficulté à traduire “concession speech” en français ! Symptomatique. Une défaite politique ne se “concède” jamais !)
Au final, on imagine sans peine lequel des présidents français ou américain obtient le plus souvent de larges consensus pour faire avancer le pays. “Status quo” est le mot français pour “compromis” et “consensus” en politique.
J’espère qu’un jour des politiciens français pourront eux aussi aussi penser “au pays d’abord”… (sans que celà ne cache de pensée extrémiste, j’entends). Malheureusement, la rhétorique de défaite couramment admise en France ne facilite pas les choses. Il suffit de jeter un oeil à la vidéo ci-dessous: il faut vraiment bien regarder la date pour se convaincre que Ségolène Royal n’est pas en train de faire un discours de victoire !
Classé dans : France 0 - USA 1, Politique, anti-américanisme | Mots-clefs: Afghanistan, anti-américanisme, France, USA
Depuis que Nicolas Sarkozy affiche ouvertement ses solides convictions pro-américaines, il semble que l’anti-américanisme n’ait jamais été aussi virulent en France. Non pas qu’il y ait plus d’anti-américains en France, mais parce qu’ils sont désormais forcé de s’exprimer publiquement, et d’élever la voix comme jamais auparavant.
Ainsi, alors que Sarkozy annonçait dernièrement son intention de renforcer la présence militaire française en Afghanistan, l’anti-américanisme faisait sa rentrée au parlement. Affirmant que la décision d’envoyer de nouvelles troupes (en plus des 2,000 soldats déjà engagés) était “davantage guidée par des motifs politiques que militaires”, l’opposition socialiste a appelé à voter une motion de censure contre le gouvernement. En d’autres termes, pour les socialistes français, on ne saurait imaginer d’autres raisons pour intervenir en Afghanistan que celle de simplement faire plaisir à l’Administration américaine… et faire plaisir aux Américains est suffisamment déshonorant pour justifier de renverser le gouvernement français! Il faut peut-être ajouter qu’il y a quelques années, les mêmes députés nous disaient que le seul combat légitime contre le terrorisme avait lieu en Afghanistan, non en Irak. De toute évidence pour eux, la seule position réellement “légitime” est celle qui consiste à rester le plus éloigné possible des positions américaines, quoi qu’il en coûte.
C’est une spécialité française que de ne pas traiter les vraies questions au nom de la défense d’une position idéologique. Il y a peut-être de bonnes raisons de ne pas s’engager davantage en Afghanistan. Mais le parti socialiste français aura préféré afficher sa posture idéologique anti-américaine de base plutôt que de débattre sur le fond du problème.
Bien sûr, avec une argumentation aussi pauvre, la motion contre le gouvernement a tourné court. “L’opposition nous accuse d’Atlantisme, une façon agréable de dire que nous sommes à la solde de George Bush. Chacun comprendra que leur objectif est de surfer sur l’un de nos travers les plus douteux: l’anti-américanisme primaire,” a répondu le Premier Ministre François Fillon aux parlementaires.
Soyons positif après tout. Un pays où le Premier Ministre reste populaire après avoir en conscience déclaré que l’anti-américanisme était un “travers” de ses citoyens doit être un pays réellement pro-américain en fait !
