Inside America – Fr


Thé ou café ?

Sauf erreur, seul De Gaulle avait réussi en France à envoyer la droite dans la rue pour le soutenir. Je n’étais pas encore né. Les conservateurs ont repris le travail depuis lors, laissant la rue aux “forces de progrès”…

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France, 28 janvier 2009

C’est dire s’il est insolite pour français de voir une manifestation “de droite” comme les “Tea Party” (en référence à la taxe sur le thé à l’origine de la révolution américaine) qui ont eu lieu aujourd’hui un peu partout aux Etats-Unis. Ces manifestations avaient pour objectif de protester contre la politique de relance par les déficits et surtout, contre la perspective de nouvelles taxes. Elles n’ont réuni que peu de monde, mais cela valait bien quelques clichés. Des conservateurs dans la rue. C’est pas si souvent !

teaparty1USA, 15 avril 2009 – “Déjà Assez de Taxes!”, “Le congrès soumet nos enfants à l’esclavage avec la dette !”, “Contre la tyranie, pour la liberté”

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“L’Etat doit rester en dehors de nos banques, de nos entreprises, et de nos chambres à coucher !”



Million Dollar Baby
mars 5, 2009, 9:40
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Voici une histoire qui ravira aussi bien les admirateurs de la générosité américaine que les détracteurs du capitalisme sauvage. Un autre exemple des (nombreux) paradoxes de la société américaine.

Laith Dougherty est un bébé de deux mois né à Portland, Oregon, avec un grave dysfonctionnement cardiaque. Estimé à 1,5 million de dollars, le coût de l’opération nécessaire à sa survie dépasse très largement le maximum pris en charge par l’assurance médicale de ses parents, et aucun hôpital qualifié de l’Oregon à la Californie n’a accepté de réaliser l’intervention chirurgicale requise sans avance sur les frais.

Le 2 mars dernier, avec l’aide de quelques blogueurs indignés, Laith a finalement été admis au Children’s Hospital de Pittsburgh, Pennsylvanie, qui s’est porté volontaire pour le sauver, à ses frais. Non seulement par générosité, mais aussi parce que c’est un hôpital qui affiche un taux de 90% de réussite pour ce type d’opération et l’un des rares du pays capable d’implanter une mini-pompe cardiaque adaptée à la petite taille du patient en attendant une transplantation.

Le paradoxe est que les parents de Laith auraient pu bénéficier d’une prise en charge gratuite par l’Etat s’ils avaient été suffisament … pauvres. Drôle de système où – à défaut de naître millionaire – mieux vaut naître sans abris pour s’assurer une bonne santé.

Barack Obama lançait aujourd’hui à la Maison Blanche des états généraux pour la réforme du système de santé américain. Peut-être la fin du paradoxe.

Je souhaite longue vie à Laith, qui a vraiment touché … mon coeur !



Che Guebama
février 18, 2009, 11:47
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Depuis l’élection présidentielle américaine, le monde entier semble réclamer sa part du succès de Barack Obama. L’événement est tout particulièrement célébré par les socialistes français, qui semblent avoir vécu l’élection d’Obama comme le retour de l’enfant prodigue. Enfin après toutes ces années d’errance dans l’ultra-capitalisme guerrier, les américains ont fait le choix d’idées plus nobles et généreuses : les leurs.

De là à suggérer que la victoire d’Obama est un peu la leur, il n’y a qu’un pas qui fût  allègrement franchi par Ségolène Royal le 20 janvier dernier dans sa déclaration au Monde : “J’ai inspiré Obama et son équipe a copié notre campagne”. Autant pour la réputation d’arrogance des français. Et puisque le ridicule ne l’a pas tué, l’extrême gauche alter-mondialiste peut bien elle aussi récupérer un peu de “Obama Magic” et faire entendre son “Yes We Can” en manifestant contre les “pratiques colonialistes du gouvernement” mais “pour une intervention du gouvernement”  dans les Antilles ! (Arghh!)

Mais alors que les socialistes français semblent convaincus qu’une Ségolène Royal règne désormais sur la Maison Blanche, ce qui inquiète les américains est que leur nouveau président ressemble de plus en plus à … Nicolas Sarkozy !

Non décidément, Barack Obama n’est pas Che Guevara ! Et avant de réclamer l’éjection de Sarkozy et la mise sous tutelle immédiate de la France par Obama, les socialistes français pourraient bien vouloir considérer certains faits. Obama ne plaide pas pour une augmentation générale des salaires et une relance de la consommation comme le souhaite le Parti Socialiste en France, mais pour des investissements massifs dans les infrastructures, la recherche et l’éducation, tout comme le Président français. Comme lui, il propose de réduire les impôts sur les classes moyennes, non de les augmenter. Comme lui, il souhaite mieux contrôler les marchés financiers, et non les démolir pièce par pièce. Comme lui, il entend améliorer la couverture sociale des américains en réduisant son coût, et non en l’augmentant.

D’autres similitudes sont également frappantes. Le gouvernement Obama compte des personnalités de gauche et de droite. Ce que les socialistes français avaient considéré comme une “basse manoeuvre politique” lorsque Sarkozy avait pris une initiative similaire en France ! La première décision d’Obama a été de décréter la fermeture du camp de détention de Guantanamo Bay. En France, la fermeture du camp de Sangatte par Sarkozy avait été qualifiée d’acte irréfléchi et dangeureux.cover_vanityfair

Du côté de leur exposition médiatique également, toutes proportions gardées, l’hyper-président Sarkozy peut être aisément comparé à l’icône Obama. Le président américain fait les gros titres de Men’s Health (et il fumait un paquet de cigarettes par jour avant la campagne !) et s’étale dans Vanity Fair … où il succède à quelques semaines d’intervalle à la “glamorous Carla Bruni-Sarkozy“.

Non vraiment, Newsweek peut bien titrer “We are all Socialists Now!” cette semaine avec un article qui met en avant la francisation de l’économie américaine, l’ombre de Ségolène Royal est très, très loin d’entrer à la Maison Blanche : le “Socialiste” que les américains pensent habiter au Palais de l’Elysée, c’est Nicolas Sarkozy !

[c'est pas moi qui le dit]



Le porno américain a besoin d’être stimulé
janvier 8, 2009, 10:28
Classé dans : Amusant, Paradoxes, Politique | Mots-clefs: , , , ,

Un titre comme celui-là devrait soigner les stats de fréquentation de mon blog. Mais ce n’est pas le (seul) objet de mon billet d’aujourd’hui. Certes, j’ai été surpris – et amusé – d’apprendre que l’industrie américaine du “divertissement pour adultes” (pour être politiquement correct) fait la queue avec les autres dans les ministères de Washington pour obtenir sa part de la manne de relance économique offerte par le gouvernement pour aider les entreprises à faire face à la crise. Mais surtout, je suis fatigué, très fatigué d’entendre et de lire encore et encore – chez mes amis comme dans les médias américains – que l’économie américaine est en train de “suivre la pente descendante de la France”, étant sous-entendu que la France est un pays quasi-socialiste qui est passé maître dans la subvention aux entreprises.

Pour ne pas être un modèle de pur capitalisme, l’economie française n’est pas pour autant l’économie collectiviste qu’imaginent la plupart des Américains. Pour ne parler que des récents événements, les banques françaises n’ont pas comme leurs consoeurs américaines obtenu un renflouement du gouvernement français pour faire face à la crise (la France a géré la crise financière en offrant une garantie – rémunérée – de l’État aux bailleurs de fonds plutôt que de distribuer de l’argent public sans contrôle). Pas plus que les constructeurs automobiles à ce jour (aucun d’entre eux n’étant détenu par l’Etat d’ailleurs – comme le pensent de nombreux américains). Quant à l’industrie du porno, et bien, je dois admettre qu’elle peut être considérée comme étant “subventionnée” par les investissements du gouvernement français dans la qualité des infrastructures de communication qui permettent aujourd’hui d’offrir l’Internet haut-débit, la télévision par câble et le téléphone pour moins de 30 euros par mois à la majorité de la population française. Mais en regardant ma facture Internet aux USA, je suis sûr que la plupart des Américains seraient d’accord pour subventionner l’industrie du porno de cette façon aussi.

Au final, que ce soit en France ou aux États-Unis, j’observe la même indécence de certains “grands” patrons à défendre la libéralisation des marchés, la non-intervention de l’État et un faible impôt sur les bénéfices lorsque l’économie est en plein essor, et à demander des plans de sauvetage au gouvernement quand les marchés tournent mal. Indécence à licencier pour des raisons de compétitivité mondiale en temps de croissance, tout en prétendant en temps de crise qu’un renflouement de l’État préservera durablement l’emploi. Lobbying pour réduire les taxes dans l’industrie pétrolière en échange d’investissements dans les énergies alternatives lorsque les prix du pétrole sont faibles, et distribution de profits maximum aux actionnaires lorsque les prix du pétrole sont élevés … tout en ne fournissant aucune preuve de progrès aux contribuables pour ce qui est de leur approvisionnement en énergie alternative.

Privatiser les profits en laissant aux contribuables le soin d’absorber les pertes n’est pas le capitalisme. C’est l’appât du gain (bien que la réthorique socialiste ait réussi à les rendre synonymes pour beaucoup de français, ce sont deux choses très différentes !). Et la France n’est absolument pas différente de l’Amérique à cet égard. La différence est qu’il y a eu en France beaucoup plus de pertes à mutualiser que de profits à privatiser au cours des dernières décennies. Malheureusement, il semble que l’Amérique nous rattrape sur ce plan … tout en restant une économie parfaitement capitaliste pour ceux qui font des profits. Tout comme la France.



Question de priorités
mai 15, 2008, 12:29
Classé dans : Choc des cultures, Paradoxes | Mots-clefs: , , ,

Wal-Mart et la coalition des Maires Contre les Armes Illégales ont annoncé le mois dernier que la chaîne de supermarchés Wal-Mart, premier vendeur d’armes des Etats-Unis, allait adopter le nouveau code de “Distribution Responsable des Armes à Feux” proposé par l’association des maires afin d’éviter autant que possible que des armes ne parviennent entre de mauvaises mains. La nouvelle fait hurler Kevin Miller ce midi. L’animateur vedette de ma radio de propagande républicaine favorite – KDKA Newsradio Pittsburgh – s’élève vertement contre l’intention de Wal-Mart de filmer et ficher désormais tout acheteur d’arme à feu dans ses magasins. Ce serait selon lui une entorse sévère au Second Amendement et aux libertés individuelles fondatrice de ce pays.

Selon la National Rifle Association for Legislative Action, 30364 civils Américains sont morts victimes d’armes à feu en 2005.

Les multiples lois de lutte contre le terrorisme mises en place par l’Administration Bush autorisent, entre autres, la mise en place de fichiers biométriques sur tout individu à son entrée sur le sol Américain, l’enregistrement sans motif de conversations téléphoniques privées par les services secret, et plus récemment, l’utilisation de drogues et de pratiques généralement considérées comme actes de torture pour l’interrogatoire d’individus soupçonnés de terrorisme. Mais au nom de la Sécurité publique, ces entorses à la Constitution et aux libertés individuelles ont été plutôt favorablement accueillies.

Selon le Departement d’Etat, le terrorisme a fait 19 morts civils Américains en 2007 (2 en Afghanistan et 17 en Irak).

Pour rendre l’Amérique plus sûre, tous les candidats aux élections de Novembre ont un programme de lutte contre le terrorisme. Aucun n’entend s’attaquer au Second Amendement de la Constitution de 1787 sur “la nécessité de milices armées bien régulées” pour “préserver la liberté d’un Etat libre” (et menacé par l’armée britannique à cette époque).

Les temps changent! Pas les priorités ?