Inside America – Fr


Thé ou café ?

Sauf erreur, seul De Gaulle avait réussi en France à envoyer la droite dans la rue pour le soutenir. Je n’étais pas encore né. Les conservateurs ont repris le travail depuis lors, laissant la rue aux “forces de progrès”…

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France, 28 janvier 2009

C’est dire s’il est insolite pour français de voir une manifestation “de droite” comme les “Tea Party” (en référence à la taxe sur le thé à l’origine de la révolution américaine) qui ont eu lieu aujourd’hui un peu partout aux Etats-Unis. Ces manifestations avaient pour objectif de protester contre la politique de relance par les déficits et surtout, contre la perspective de nouvelles taxes. Elles n’ont réuni que peu de monde, mais cela valait bien quelques clichés. Des conservateurs dans la rue. C’est pas si souvent !

teaparty1USA, 15 avril 2009 – “Déjà Assez de Taxes!”, “Le congrès soumet nos enfants à l’esclavage avec la dette !”, “Contre la tyranie, pour la liberté”

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“L’Etat doit rester en dehors de nos banques, de nos entreprises, et de nos chambres à coucher !”



Che Guebama
février 18, 2009, 11:47
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Depuis l’élection présidentielle américaine, le monde entier semble réclamer sa part du succès de Barack Obama. L’événement est tout particulièrement célébré par les socialistes français, qui semblent avoir vécu l’élection d’Obama comme le retour de l’enfant prodigue. Enfin après toutes ces années d’errance dans l’ultra-capitalisme guerrier, les américains ont fait le choix d’idées plus nobles et généreuses : les leurs.

De là à suggérer que la victoire d’Obama est un peu la leur, il n’y a qu’un pas qui fût  allègrement franchi par Ségolène Royal le 20 janvier dernier dans sa déclaration au Monde : “J’ai inspiré Obama et son équipe a copié notre campagne”. Autant pour la réputation d’arrogance des français. Et puisque le ridicule ne l’a pas tué, l’extrême gauche alter-mondialiste peut bien elle aussi récupérer un peu de “Obama Magic” et faire entendre son “Yes We Can” en manifestant contre les “pratiques colonialistes du gouvernement” mais “pour une intervention du gouvernement”  dans les Antilles ! (Arghh!)

Mais alors que les socialistes français semblent convaincus qu’une Ségolène Royal règne désormais sur la Maison Blanche, ce qui inquiète les américains est que leur nouveau président ressemble de plus en plus à … Nicolas Sarkozy !

Non décidément, Barack Obama n’est pas Che Guevara ! Et avant de réclamer l’éjection de Sarkozy et la mise sous tutelle immédiate de la France par Obama, les socialistes français pourraient bien vouloir considérer certains faits. Obama ne plaide pas pour une augmentation générale des salaires et une relance de la consommation comme le souhaite le Parti Socialiste en France, mais pour des investissements massifs dans les infrastructures, la recherche et l’éducation, tout comme le Président français. Comme lui, il propose de réduire les impôts sur les classes moyennes, non de les augmenter. Comme lui, il souhaite mieux contrôler les marchés financiers, et non les démolir pièce par pièce. Comme lui, il entend améliorer la couverture sociale des américains en réduisant son coût, et non en l’augmentant.

D’autres similitudes sont également frappantes. Le gouvernement Obama compte des personnalités de gauche et de droite. Ce que les socialistes français avaient considéré comme une “basse manoeuvre politique” lorsque Sarkozy avait pris une initiative similaire en France ! La première décision d’Obama a été de décréter la fermeture du camp de détention de Guantanamo Bay. En France, la fermeture du camp de Sangatte par Sarkozy avait été qualifiée d’acte irréfléchi et dangeureux.cover_vanityfair

Du côté de leur exposition médiatique également, toutes proportions gardées, l’hyper-président Sarkozy peut être aisément comparé à l’icône Obama. Le président américain fait les gros titres de Men’s Health (et il fumait un paquet de cigarettes par jour avant la campagne !) et s’étale dans Vanity Fair … où il succède à quelques semaines d’intervalle à la “glamorous Carla Bruni-Sarkozy“.

Non vraiment, Newsweek peut bien titrer “We are all Socialists Now!” cette semaine avec un article qui met en avant la francisation de l’économie américaine, l’ombre de Ségolène Royal est très, très loin d’entrer à la Maison Blanche : le “Socialiste” que les américains pensent habiter au Palais de l’Elysée, c’est Nicolas Sarkozy !

[c'est pas moi qui le dit]



Don’t You Get It???
février 6, 2009, 12:09
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C-SPAN est au congrès des États-Unis ce que LCP-AN est à l’assemblée nationale française : une chaîne de télé ennuyeuse et peu regardée, sauf lorsque le congrès (qui aux Etats-Unis a pleins pouvoirs d’investigation sur l’emploi des deniers publics) mène l’enquête sur les scandales les plus scandaleux de la République. On assiste alors au spectacle réjouissant du maître d’école (le député) sermonant le cancre (l’agence fédérale qui n’a pas fait son boulot) pris en flagrant délit d’indiscipline.

Lorsque le scandale porte sur les 50 milliards de dollars volatilisés dans les montages financiers frauduleux de Bernard Madoff, que le prof qui mène l’enquête a le bagou de Gary Ackermann, et que l’agence épinglée par le congrès n’est rien de moins que la jusque-là-très-honorable SEC, ça nous donne quelques bon moments expiatoires comme celui-ci.

Probablement pas de quoi ébranler les golden boys qui regardent C-SPAN depuis une plage des Caraïbes, mais  jouissif pour le péquin-moyen-qui-en-a-marre-d’être-pris-pour-un-crétin.

Pour replacer cet extrait dans le contexte, Gary Ackermann s’en prend ici aux représentants de la SEC qui ont ignoré (sciemment ?) un rapport détaillé sur les activités frauduleuses de Madoff posé sur leur bureau depuis 8 ANS !!!

PS Lulu: avec tous ces liens à visiter, j’espère que ça te fera de la lecture pendant quelques jours !



Le porno américain a besoin d’être stimulé
janvier 8, 2009, 10:28
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Un titre comme celui-là devrait soigner les stats de fréquentation de mon blog. Mais ce n’est pas le (seul) objet de mon billet d’aujourd’hui. Certes, j’ai été surpris – et amusé – d’apprendre que l’industrie américaine du “divertissement pour adultes” (pour être politiquement correct) fait la queue avec les autres dans les ministères de Washington pour obtenir sa part de la manne de relance économique offerte par le gouvernement pour aider les entreprises à faire face à la crise. Mais surtout, je suis fatigué, très fatigué d’entendre et de lire encore et encore – chez mes amis comme dans les médias américains – que l’économie américaine est en train de “suivre la pente descendante de la France”, étant sous-entendu que la France est un pays quasi-socialiste qui est passé maître dans la subvention aux entreprises.

Pour ne pas être un modèle de pur capitalisme, l’economie française n’est pas pour autant l’économie collectiviste qu’imaginent la plupart des Américains. Pour ne parler que des récents événements, les banques françaises n’ont pas comme leurs consoeurs américaines obtenu un renflouement du gouvernement français pour faire face à la crise (la France a géré la crise financière en offrant une garantie – rémunérée – de l’État aux bailleurs de fonds plutôt que de distribuer de l’argent public sans contrôle). Pas plus que les constructeurs automobiles à ce jour (aucun d’entre eux n’étant détenu par l’Etat d’ailleurs – comme le pensent de nombreux américains). Quant à l’industrie du porno, et bien, je dois admettre qu’elle peut être considérée comme étant “subventionnée” par les investissements du gouvernement français dans la qualité des infrastructures de communication qui permettent aujourd’hui d’offrir l’Internet haut-débit, la télévision par câble et le téléphone pour moins de 30 euros par mois à la majorité de la population française. Mais en regardant ma facture Internet aux USA, je suis sûr que la plupart des Américains seraient d’accord pour subventionner l’industrie du porno de cette façon aussi.

Au final, que ce soit en France ou aux États-Unis, j’observe la même indécence de certains “grands” patrons à défendre la libéralisation des marchés, la non-intervention de l’État et un faible impôt sur les bénéfices lorsque l’économie est en plein essor, et à demander des plans de sauvetage au gouvernement quand les marchés tournent mal. Indécence à licencier pour des raisons de compétitivité mondiale en temps de croissance, tout en prétendant en temps de crise qu’un renflouement de l’État préservera durablement l’emploi. Lobbying pour réduire les taxes dans l’industrie pétrolière en échange d’investissements dans les énergies alternatives lorsque les prix du pétrole sont faibles, et distribution de profits maximum aux actionnaires lorsque les prix du pétrole sont élevés … tout en ne fournissant aucune preuve de progrès aux contribuables pour ce qui est de leur approvisionnement en énergie alternative.

Privatiser les profits en laissant aux contribuables le soin d’absorber les pertes n’est pas le capitalisme. C’est l’appât du gain (bien que la réthorique socialiste ait réussi à les rendre synonymes pour beaucoup de français, ce sont deux choses très différentes !). Et la France n’est absolument pas différente de l’Amérique à cet égard. La différence est qu’il y a eu en France beaucoup plus de pertes à mutualiser que de profits à privatiser au cours des dernières décennies. Malheureusement, il semble que l’Amérique nous rattrape sur ce plan … tout en restant une économie parfaitement capitaliste pour ceux qui font des profits. Tout comme la France.



No H8*
novembre 20, 2008, 1:41
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no8

Je n’ai pas suivi toute l’histoire et ne suis certainement pas une source fiable en ce qui concerne les détails de la “Proposition 8″ actuellement débatue en Californie. Mais je suis sûr d’une chose qui me pousse à écrire ce message: ceux qui sont pour la “Prop 8″ – et ont finalement obtenu que l’État de Californie interdise à nouveau le marriage entre individus de même sexe – ne sont en rien concernés par le sujet. C’est une perversion de la démocratie lorsque tous les citoyens sont invités à voter pour ou contre quelque chose qu’ils ne peuvent pas comprendre. Maintenir le status quo est la réponse la plus facile dans ce cas, et c’est sans surprise celle qui à été donnée. Mais il faut bien l’admettre, c’est – au mieux – une réponse stupide. Je n’ai qu’une seule raison de ne pas être contre le marriage homosexuel, mais je pense qu’elle est suffisante : l’amour. Pourquoi voter contre l’amour si ce n’est pour la haine ? Pensez-y: pourquoi voudriez-vous vous marier si ce n’est pour l’amour ? Gays et lesbiennes ne sont pas différents à cet égard ! Mais surtout, Qu’est-ce que cela pourrait bien changer dans votre vie de “permettre” (mon Dieu! Songez au pouvoir que vous avez sur l’amour des autres !) à des personnes de même sexe de manifester publiquement leur amour les uns pour les autres ? Cela diminuerait-il en quoi que ce soit l’amour que vous pouvez avoir pour une personne du sexe opposé ?

Non vraiment. Plus j’y pense, plus je suis convaincu que s’opposer au mariage homosexuel est un abus de pouvoir de la majorité hétérosexuelle. Parce que la «tradition» nous permet de nous opposer à une pratique différente, les plus intolérants d’entre-nous en profitent pour manifester leur haine. La majorité s’en moque – mais ne vote pas. Qu’est-ce que la démocratie si elle permet à une minorité de dominer une autre minorité, tandis que la majorité reste silencieuse ! Alors permettez-moi ici d’exprimer ma haine de la haine et mon amour des amoureux. Oui, le marriage homosexuel devrait être un droit (ou alors, il faut aller au bout de la logique stupide et interdire l’homosexualité ! ). Et pas seulement en Californie !

* “No H-eight” = no hate (non à la haine)



e-democratie

change-logo

On n’arrête pas une affaire qui marche. Après une campagne électorale qui n’aura ménagé aucune des techniques de web marketing disponibles pour informer, motiver, effrayer, amuser ou lever des fonds, l’entreprise Obama continue son exploitation du Web avec un nouveau site – change.gov – opérationnel depuis le lendemain de l’élection présidentielle américaine.

Il s’agit de maintenir l’intérêt et le soutien pendant la période de transition du pouvoir de la génération Internet qui a forgé l’élection d’Obama, en lui proposant de suivre la constitution de la nouvelle administration… et d’y participer en donnant son avis et ses conseils sur ce que devrait être les objectifs du président élu.

“Il n’est pas de ressource plus importante pour changer la direction de ce pays et définir les idées qui vont transformer l’Amérique que le peuple Américain. Donnez-nous vos idées et prenez part au changement!”. L’invitation directe proposée par le site web à ses visiteurs est claire : ce nouveau gouvernement entend bien ne pas se priver de la prise directe sur le pays et les électeurs que lui offre Internet.

Un e-mail et un code postal (la geographie est clé dans le système électoral américain !) suffisent pour être assuré d’être tenu informé en temps réel de la constitution du prochain cabinet présidentiel. Côté viral, il vous est offert de partager l’invitation avec votre carnet d’adresse… et de référer à ce site web pour toute information sur l’agenda du nouveau président.

La promesse d’une participation directe des citoyens aux grandes orientations du pays est alléchante et mobilisatrice. Mais elle peut aussi s’avérer dangereuse pour une constitution qui fonde le contrôle pouvoir sur deux assemblées représentatives… pas trois. À trop laisser croire que le président tiendra compte de nos e-mails, on pourrait être tenté de s’épargner l’effort de désigner nos représentants pour lui parler. Mais surtout, on sera très fâché si d’aventure, on s’apercevait qu’aucune de nos géniales propositions économiques et sociales postées à la Maison Blanche n’était jamais prise en considération !

Joe le Plombier a déjà faillit faire basculer une élection. Il pourrait bien profiter d’une démocratie trop directe pour faire s’effondrer une constitution.



Yes, America Can!
novembre 5, 2008, 12:44
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Chapeau bas aux électeurs Américains…

obama



Vote Different
novembre 4, 2008, 8:31
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Impossible de ne pas poster un billet aujourd’hui. La date est historique. Mais alors que j’écris ces mots et que certains américains votent encore, il est bien tôt pour un commentaire. Et quand tous les américains auront voté, et que toutes les télés, radios et blogs auront anticipé un résultat, il sera bien tard pour MON commentaire. Ce sera donc un billet sans commentaire. Mais avec une image. Et quelle autre image aurais-je pu choisir que celle-ci ! Sans compter que s’il est bien un vainqueur que je sois en mesure de désigner dès maintenant, c’est le marketing (5,3 milliards de dollars : même les américains n’en reviennent pas. Respect !).

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Convention Pyjama

Les enfants adorent faire le spectacle. Habituellement, il s’agit plutôt de chanter et de danser. Mais hier soir, la cuisine s’est transformée en arène politique… Je me suis assuré de la couverture télé, mais les petits politiciens avaient construit leur propre tribune et n’ont pas eu recours à un écrivain pour leur discours. Il faut dire qu’après un an de campagne intensive, ils n’en ont pas eu besoin: il semble avoir une bonne idée de la politique américaine désormais!

Les enfants ont parlé ! Que les adultes votent ! …et qu’enfin on puisse retourner à la danse et aux chansons ;-)



Que faut-il pour être un bon président ?
octobre 27, 2008, 10:05
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La maternelle n’échappe pas à l’agitation politique actuelle aux États-Unis (peut-être avez-vous vu cette pub du candidat républicain? *), et je n’ai pas été surpris outre mesure lorsque ma fille de 5 ans m’a annoncé fièrement que sa classe allait bientôt tenir sa propre élection présidentielle. Le 4 Novembre, elle remplira son devoir civique et ira donc voter pour Obama ou McCain. Bien qu’elle ne soit pas née aux États-Unis, son institutrice l’a gentillement autorisée à voter, et elle est enchantée à la perspective de mettre un nom dans une boite à chaussure si bien décorée !

Pour bien préparer l’événement, elle et ses camarades de classe ont dû établir une liste des qualités requises pour être président des Etats-Unis. Voici ce qu’ils ont écrit:

1. Vous devez être un adulte.

2. Vous devez être vraiment gentil.

3. Vous devez être grand.

4. Vous devez dire la vérité.

5. Vous devez très bien vous habiller et porter des vêtements propres chaque jour.

6. Vous devez bien savoir écrire parce que vous avez beaucoup de discours à donner.

7. Vous devez être bon en maths.

8. Vous devez vraiment être en bonne santé.

9. Vous devez vous brosser les dents. Vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir mauvaise haleine ou de porter des dents en bois.

10. Vous devez vous brosser les cheveux tous les jours.

Passé ma surprise sur la nécessaire bonne hygiène des candidats (on est en Amérique !), je me demande vraiment pour qui elle va voter. Il me semble malheureusement qu’aucun candidat ne corresponde au profil !

PS * Cette annonce trompeuse (pour ne pas dire “négative”) se réfère à un projet de loi qui visait en fait à protéger les enfants contre les prédateurs sexuels. Mais ceci est une autre histoire …